Il ne me reste plus que ces extraits…le texte original a disparu ! :-((( Damned !
http://www.echolalie.info/fichiers/_actualites_06684_ConferenceH.Bredekamp.SP.pdf
“Beauty ne signifie aucunement le beau au sens classique, mais la singularité frappante, qui peut tout aussi bien paraître laide. Ce qui est décisif pour la théorie de l’évolution, c’est qu’avec la catégorie de la beauté, le processus naturel de transformation est libéré de la nécessité d’être associé à des buts, à des utilités, à des finalités.”
le Handicap principle est le « principe selon lequel, dans des situations de lutte, c’est le handicap plutôt que l’avantage qui doit transmettre dans les formes corporelles le message d’une force de l’individu mâle d’autant plus apte à résister au danger qu’il supporte d’être affaibli par des formes superflues : les formes de l’abondance suggéreraient que c’est justement à travers ces handicaps que se révèle l’aptitude à la survie. »
« Si l’on prend la théorie de Darwin au mot, aucune théorie n’a jamais donné autant d’importance aux images que le principe de la sexual selection de Darwin. Il contredit radicalement l’idée selon laquelle seul l’homme aurait la faculté de produire des images. Les images, les images corporelles, seraient bien davantage des acteurs de l’évolution. »
Ici le corps des animaux devient “expression de capacités visuelles auto-réflexives.”Dans la théorie de la sexual selection, le mâle fait de lui-même image de l’abondance pour se rendre attirant.
Toutes ces formes ne pourraient pas avoir d’effet si les comportements n’avaient pas été forgés au cours de millions de générations, comportements pour qui la forme est une image qui pousse à agir.
Le « I think » de Darwin n’est pas une explication de l’image mais une déclaration de l’image sur elle-même. Dans ce moment au cours duquel on imagine pour la première fois dans l’histoire des sciences une histoire de l’évolution contingente, non-hiérarchique, le texte n’est même plus légende. Il est bien davantage une bulle de l’image. « I think » : ainsi écrit le dessinateur au nom de l’image : « Je pense ». L’image parle d’elle-même sous la forme d’un acte d’image : « I think ». Elle nous enseigne de manière exemplaire que l’homme ne pense pas contre les images ou au-delà des images, mais avec leur aide et dans leur médium.
J’ai tenté d’expliquer pourquoi Darwin s’est laissé représenter dans un de ses portraits les plus parlants, à côté d’un tronc entouré d’une plante grimpante. Mes réflexions étaient des conjectures, nullement des certitudes. Mais j’espère avoir fait comprendre que, dans cette photographie, la convergence entre la linéarité et l’enlacement concerne deux principes qui sont pour Darwin au fondement de toute évolution. Le premier est le fitness, l’adaptation puissante, astucieuse ou élastique à l’environnement changeant. Les stratégies des survival étaient suffisamment abondantes, mais elles pouvaient être réduites à des relations entre fins et moyens et ainsi être intégrées dans des structures hiérarchiques linéaires, comme le suggèrent les modèles d’arbres de toutes sortes. Le second principe résidait dans la beauté en tant que variation, attraction par la différence. A ce plan ce n’est pas le principe du handicap qui domine, mais la recherche irrésistible de l’égarement. C’est ce que Darwin comprend par beauty.